A N A L Y S E   D E 

  L A   N É B U L E U S E   G O T H I Q U E

 

ÉTUDE  SOCIO-ANTHROPOLOGIQUE

SUR  LA  CULTURE  ET  L'IDENTITE  GOTHIQUE

 

 

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      INTRODUCTION

     1. Introduction et Question de départ
     2. Problématique
     3. Intérêt de la recherche
     4. Cadre théorique
     5. Méthodologie
     6. Etapes de la recherche

 

3. Intérêt de la recherche

 

 

Comme d’autres jeunes sociologues francophones tels qu’Antoine Durafour (déjà cité précédemment), Alexis Mombelet et Nicolas Walzer[1], je constate avec la même stupéfaction que les sciences humaines n’ont accordé, jusqu’il y a peu, qu’un faible intérêt aux mouvements musicaux alternatifs ou underground, qui s’inscrivent dans la contre-culture. Néanmoins, au vu des ouvrages et des recherches récents, il semble qu’un intérêt croissant se porte actuellement sur les mouvements de la contre-culture si bien décrits par Jean-Louis Harouel dans son ouvrage Culture et contre-cultures[2] et qui fut couronné par l’Académie des sciences morales et politiques en France.

 

L’underground est un vaste mouvement culturel (ou plutôt contre-culturel) né dans les années 1960 avec le mouvement hippie, puis punk, qui comprenant actuellement un ensemble innombrable de mouvements, de milieux indépendants, dont le mouvement gothique. Le mouvement underground a la qualité d’être relativement hors des lois du marché et des industries culturelles. De ce fait, il exprime sans grande contrainte (économique, politique et sociale) sa vision du monde. C’est là un intérêt pour la sociologie que d’étudier un regard et une expression relativement indépendants sur le monde. Son expression essentiellement artistique, voulue cachée du grand public, peut être comprise comme l’un des moteurs des changements de mentalité de la postmodernité (qui a pour repère historique l’année 1968 marquant son début). L’underground est une contre-culture, et par conséquent, il exerce une certaine pression sur la culture de notre civilisation, c’est-à-dire une influence sur ce qui structure notre mode de pensée, de perception et d’action depuis des siècles et sur les productions matérielles (les « biens culturels ») engendrées par cette structuration mentale collective. S’intéresser au mouvement gothique permet donc de comprendre une part de l’underground et de dévoiler ce qui se pratique dans un réseau de productions culturelles (ou contre-culturelles) dans lequel bon nombre de nos contemporains se sont inscrits (à des degrés divers). Il nous semble donc important de comprendre les raisons, les mécanismes, les enjeux qui se trament derrière la culture dominante en étudiant l’un des mouvements contre-culturels qui socialise de jeunes contemporains.

 

L’intérêt soudain pour le mouvement gothique débute à la fin des années 1990 en Europe. La Bibliothèque du Cénacle[3] met à la disposition des « internautes » des travaux et articles européens sur l’objet d’étude qui nous intéresse. À notre connaissance, dans ce foisonnement pour l’intérêt gothique, il n’existe pas en Belgique d’étude sur le mouvement gothique et sur sa culture. Il semble donc qu’étudier ce milieu serait une première en Belgique.

 

> suite :  4. Cadre théorique



[1] MOMBELET Alexis et WALZER Nicolas sont deux jeunes chercheurs en doctorat de sociologie à l’Université René Descartes Paris 5 – la Sorbonne. Ils sont, en France, les auteurs des premiers travaux en sociologie des religions sur la musique metal et plus particulièrement sur le black metal.

[2] HAROUEL Jean-Louis. Culture et contre-cultures. PUF. 1994. Paris

[3] www.bibliotheque.cenacle.free.fr

 

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Bertrand de Witte

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